Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

blog de lanuitparle

Un truc où j'écris

 

vous êtes ... à avoir visité

26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 12:09
26 décembre
Hiver
Le médecin Brossard est passé en tout d'après midi. C'est le médecin de famille, t'as l'impression qu'il va chialer quand il vient. "Allez docteur, ça va aller, c'est mon père quand même, pas le vôtre" ai je envie de lui dire en lui tendant un mouchoir. Allez docteur, chialez pas quand même. La qualité de mes expressions me fait penser au "Ca me fait trop des chatouilles".
Moment solennel où nous sommes avec maman et Béatrice, Béatrice était dans sa chambre, je vais la chercher à la demande de maman. Nous entendons le médecin nous dire que papa est en fin de vie, que nous ne pouvons pas savoir s'il en a pour 24 heures, 2 jours, ou une semaine. Il dit aussi qu'après mon départ, samedi prochain, nous ne pourrons pas garder papa à la maison, qu'il faudra l'hospitaliser, que maman n'arrivera pas à s'en occuper, à le sortir du bain, à l'accompagner aux toilettes. Il dit que l'hospitalisation ne changera rien au prolongement de la vie de papa, c'est juste une solution technique pour les toilettes et pour le reste. Béatrice choisit de rester à Pont l'Abbé, elle ne reprendra ses cours à la fac qu'après le départ de papa.
Son ton est contrit, désolé de nous apprendre de telles nouvelles. "Allez docteur, ça va aller".
Maman aimerait garder papa à la maison, qu'il finisse sa vie ici, maman et Béatrice pleurent, maman dit qu'elle le sait bien, "je le savais" mais elle n'arrive pas à arrêter de pleurer. C'est elle qui le dit. Papa part, je sais bien la douleur de maman, j'ai vécu cette douleur au départ de Gaëlle. Soulagé, j'avais d'abord écrit "très heureux" de n'être plus dans cette douleur, la douleur est-elle proportionnelle au temps passé avec, à la qualité de la vie partagée, au degré de dépendance, à la peur de "l'après-l'autre" ?
Oui bien sûr, il n'y a pas de règles, la douleur est là. Présente comme une personne bruyante qui ne laisse aucun répit.
Si jamais nous hospitalisons papa, nous l'hospitaliserons à Saintes pour que je puisse lui rendre visite plus facilement. Le médecin n'aura pas de mal à trouver une chambre à l'hôpital.
Le médecin reviendra vendredi, dans 3 jours afin que nous reparlions de tout cela. Ainsi papa vit ces derniers jours à la maison et nous ne trouvons pas de solution pour le garder. Pas d'aide soignante pour la toilette. On n'hospitalise pas à domicile à la campagne, les ressources en aides soignantes n'existent pas, la responsable du service compétent explique à maman que nous sommes 30ème sur la liste d'attente.
Maman demande s'il nous faut attendre 30 morts dans le canton, les infirmières lui disent qu'il faut intervenir auprès des élus. Que le sénateur fera quelque chose. On les a bien élus pour quelque chose, non ?
Gaëlle me manque aujourd'hui. Manque de quoi ? No lo sé.

Partager cet article

Repost 0
Published by lanuitparle - dans mon père
commenter cet article

commentaires