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blog de lanuitparle

Un truc où j'écris

 

vous êtes ... à avoir visité

12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 12:33

Romanès café
J'ai passé Noël en poésie, c'était impromptu, je raconte, on est arrivés à Paris le 16 décembre dernier, j'avais très envie de profiter de ce court séjour (nous y passions 3 jours) pour y rendre visite à Romanès, lui présenter M. C'était sans doute de l'ordre de la bénédiction. 
Je l'avais rencontré à Bègles où il était venu se produire à 2 reprises, deux années de suite. Romanès, c'est le patron du cirque tsigane du même nom. On apprend très vite en l'écoutant que c'est un nom d'emprunt, choisi après avoir fui le cirque familial. La rencontre à Bègles avait été insolite, je lui avais acheté des places pour le centre social pour lequel je travaille. Et j'avais besoin de régler certains points, j'étais allé sur le site un après-midi gadouilleux, je me tenais à l'écart du cercle que composent les caravanes et le chapiteau. Au milieu, un homme seul qui ramasse les papiers laissés la veille sans doute par les spectateurs, il m'invite à pénétrer dans le cercle, je le fais, vais lui serrer la main. Me présente. 
Tout de suite, il m'invite à aller parler de tout cela dans sa voiture, "parce qu'il fait froid", nous entrons dans la voiture. Y traîne l'un de ses livres, publié chez Gallimard. Très vite nous en parlons, l'homme m'explique que l'écriture n'est pas de tradition gitane, qu'il a commencé à écrire, encouragé par Bobin, ou Genet. Me dit encore qu'il écrit phonétiquement.
Je suis resté 2 heures dans cette voiture à entendre parler d'écriture. Je n'avais pas vu le spectacle alors, j'y suis allé avec les enfants. Et tous avont été entraînés dans l'énergie qu'il produit. Bref, j'ai aimé l'homme de lettres avant celui de cirque. Et celui de cirque était conforme. Le spectacle est magnifique, les spectateurs finissent debout à taper des mains et tout le monde sourit. Et l'on veut que ça dure.
C'est lui que je souhaitais rencontrer à Paris. On se donne rendez-vous au cirque à 19h, porte de Champerret. On y arrive sous la neige qui tombe fondue. Froid glagla comme aurait dit Charlotte enfant. Surtout que je m'étais trompé de station et que je ne pouvais maudire que moi-même. Marché longtemps dans le froid.  
Un braséro au milieu de cercles de caravanes, le même cercle, et 2 enfants qui se lancent des boules de neige. Le tout est comme ralenti, feutré, c'est l'hiver, un vrai hiver, on est emmitouflés jusqu'au nez et on s'amuse de la chance qui nous est offerte de rencontrer Alexandre à nouveau, moi sans doute réjoui du tour que je suis en train de jouer à M. 
Nous restons là au milieu du cercle, plus proches du braséro tout de même, une jeune femme traverse le cercle, je l'arrête, c'est Alexandra Bouglione, sa fille. Elle part chercher son père, il est là 15 secondes après, on sourit tous. On sourit bêtement parce que c'est juste un délicieux moment, un moment à nous. Qu'importe ce qui se passera ensuite ! Aucune projection, juste se laisser vivre. Je fais les présentations, Alexandre propose que nous allions très vite dîner, ne sait si Délia viendra. Peut-être elle verra, c'est lui qui dit. Nous on est muets. On goûte à tout et c'est bon. Je lui demande, de peur d'oublier, si l'on peut jeter un oeil sous le chapiteau. Parce que ces lieux exercent une fascination sur moi, j'avais eu la même fascination à Tonnay Charente, pour le cirque du gamin, où j'avais emmené les filles juste avant que papa ne parte.  
Il entrouvre le pan de toile épaisse, on est dans l'entrée des artistes. Une dizaine de personnes répètent un concerto. Une femme se tient debout, elle, elle lit ou dit. "C'est Fanny Ardan mais venez on va manger". 
Alors on va manger. Délia nous rejoint bien avec Sylvia et L aussi, la fille de M. Le vin est bon, c'est une petite pizzéria.  
Giacometti, Dattas, Bobin, Genet sont là dans l'ombre. C'est plutôt le Maroc qui nous fait parler. Nous y vivons et Alexandre y prépare une tournée pour les 100 ans de l'anniversaire de Jean Genet. On parle, parle, parle, parfois très fort. Débat très animé sur la télévision. Sylvia soutient que l'on peut en faire un usage raisonné, M. que cela détruit tout. 

Le tout est délicieux. Alexandre nous raccompagne à la porte de l'appartement. 

Nous nous verrons le lendemain avant le train et Bordeaux. Il nous rejoint pour le petit déjeuner. Dormons chez L.   
        
  

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Published by lanuitparle - dans rencontres
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