Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

blog de lanuitparle

Un truc où j'écris

 

vous êtes ... à avoir visité

9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 22:30

Je voudrais m'excuser auprès des gosses de 16 ans qu'on incarcère (plus 17% en 1 an selon Politis), des tunisiens et des libyens pour lesquels on ferme nos frontières quitte à bafouer les accords de schengen qui fondent l'Union européenne sur la libre circulation des hommes et non seulement sur celle des biens ou des monnaies.

Je suis stupéfait, outré, sali par le fait que des gougnafiés parlent ainsi au nom de la France et que notre seule contibution aux révolutions arabes soit le fermeture des frontières, nous foutant pas mal du droit communautaire.

M'excuser auprès des bénéficiaires du RSA qui crèvent la dalle, ont un mal fou à payer leur loyer, qui bouffent de la merde achetée dans les discounts parce qu'ils n'ont jamais eu d'autres choix, que l'on abrutit de télévision infame et que l'on réussit à convaincre que vivre mieux, c'est recevoir la télévision numérique ou changer de portable. 

M'excuser auprès de mes filles que le changement de portable soit devenu l'une des choses les plus importantes du monde, bien avant la solidarité envers son voisin. M'excuser aussi mes chéries que les valeurs ne soient plus que de l'ordre du discours et non d'usages quotidiens même modestes.

M'excuser encore que les banques s'enrichissent sur l'argent qu'on leur confie, engraissent quelques gros porcs et refusent d'aider le plus démuni sauf pour un prêt revolving à 15% sachant qu'elles se rembourseront sur ses biens en cas de cessation de paiement.

M'excuser d'avoir laissé stigmatiser les rroms, les musulmans, les jeunes, les bénéficiaires du RMI sans avoir hurlé ma colère. Le problème ne vient pas de cet autre-là mais de l'incapacité que nous avons à penser un modèle de société qui inclut plutôt que l'inverse. Et file du travail, et valorise, et respecte, et considère et aide à trouver une place moins souffarnte. En colère et triste.

M'excuser de parfois trouver chiant ce type qui taxe d'une pièce les bagnoles aux feux de la barrière de Toulouse alors que je ne dis rien de payer 20% de taxe sur tout ce que j'achète, y compris le pain, la farine, les pâtes, le café, le beurre, les oeufs. Ces produits de première nécessité.

M'excuser qu'un loyer coûte 750 euros pour un T3 à Bordeaux et que la décence ne soit que l'apanage du riche. Et de ne pas permettre à celui qui ne peut pas se loger de construire son propre logement de fortune parce qu'alors il rencontre la loi, faite juste pour lui. M'excuser encore que les lois soient faites pour contenir toute vélléité d'expression du pauvre, réduit alors à ne rien faire. Ni vendre 3 bricoles sur le trottoir, ni se construire un abri.   

Ce n'est pas le Coran qu'il faut brûler, parce qu'alors on entre dans ce jeu du populisme qui fait de l'autre une menace quitte à grossir le moindre de ses traits différents. Ce n'est pas le Coran, non. Ce sont nos cartes d'identité française. Parce qu'il est maintenant bien difficile d'être français dans ce pays gouverné par des gougeats.

Repost 0
Published by lanuitparle - dans économie
commenter cet article
2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 13:15

Madame la Présidente,

 

Je vous présente mes meilleurs voeux et vous donne par la même des nouvelles d'en bas. Loin de moi tout sarcasme. Ni lyrisme. Je chercherai à être au plus près de ce que je vois.

 

Bonne année, Madame la Présidente.

 

Les situations sociales rencontrées dans mon travail me permettent de vous parler des pauvres sans vous parler de moi. Je dirige un centre social et culturel à proximité d'une grande ville de province. C'est un équipement soutenu par la ville, la CAF et le conseil général dont la vocation est de réduire les inégalités sociales en favorisant la socialisation, l'accès pour tous aux vacances, à la culture, à l'emploi, aux droits, dont celui de l'éducation.

J'aurais dû commencer par l'emploi et la culture tant nos efforts se mobilisent sur ces deux secteurs.

 

Notre travail n'a de sens que s'il cherche à accueillir chacun avec le même respect et à lui offrir les mêmes droits, telle que la santé ou l'éducation. Quel plaisir que d'y voir arriver une nouvelle personne ! Cela signifie pour nous d'abord et pour elle après quelques mois, qu'elle vient de faire un pas vers la socialisation.

 

Nous y produisons bien un effort de discrimination positive qui n'installe pas la personne pauvre dans une dépendance mais la rapproche de possibilités auxquelles elle ne s'autorisait plus ou ne s'était jamais autorisé à prétendre.

 

Qu'est ce qu'il m'est difficile de parler de pauvreté sans hurler ma colère !

 

Le pire, Madame la Présidente, c'est lorsque la personne pauvre a compris qu'elle n'accédera jamais à une satisfaction minimale de ses besoins primaires sans recourir soit à une pratique illégale, soit à l'assistance publique. Le pire, c'est de penser que sa propre situation ainsi que celle de ses propres enfants ne pourront évoluer sans une intervention extérieure. Et de croire que ce droit n'est pas offert à chacun. Quelle curiosité que la situation économique de chacun le détermine définitivement socialement et aille toucher au plus profond de lui-même à la fois à sa capacité d'aimer et à celle de s'indigner.  

 

On n'offre pas de prestations sociales dans mon centre social et culturel, ni n'y paye tout aux pauvres. On construit des projets impliquant chacun. Nos quelques années d'existence nous permettent de présenter quelques très belles actions de mixités sociales, de partages et de rétablissements même modestes, de justice sociale.

La liste des ces actions devient hautement significative lorqu'on cumule tout ce qui se fait dans les centres sociaux et culturels à l'échelle d'un département ou de la nation bien entendu. 

 

Excusez-moi d'éprouver en ce moment-même de la fierté de participer à cette oeuvre collective d'éducation populaire et de préférer dire que je travaille dans ce milieu plutôt que celui de la finance libérale. J'éprouve à la fois de la fierté et de la peine de savoir que c'est loin d'être suffisant.

 

Ce ne sont pas des intérêts immédiatement individuels que je viens défendre. Mon emploi n'est pas menacé, je suis fonctionnaire et mis à disposition du centre social. Ainsi cette lettre n'a pas non plus pour objet de défendre le statut des fonctionnaires. J'ai d'abord trouvé "normal" que la sécurité de l'emploi offerte par ce statut puisse être remise en cause pour le bien commun. C'était avant les 2 crises, je pense à la grande crise économique bien sûr mais également à la crise politique que nous traversons.

Je parle de crise politique pour désigner l'état de non droits dans lequel la gouvernance de votre mari s'est installée d'abord timidement puis vautrée.

 

Je pense aux condamnations du ministre de l'intérieur, aux "affaires" impliquant l'ancien ministre du budget (puis du travail).

 

J'avais beaucoup aimé, dès l'arrivée de votre mari "aux affaires", l'ouverture du gouvernement à la socité civile, l'arrivée de Luc Ferry ou de Martin Hirsch, celle de Bernard Kouchner aux affaires étrangères. Beaucoup aimé aussi la libération rapide d'Ingrid Bettancourt. Votre mari avait, me semble-t-il, une façon d'agir directe sans démagogie. "On allait voir ce qu'on allait voir". J'avais oublié que la ville de Neuilly avait été condamnée parce qu'elle n'avait pas respecté la loi SRU obligeant les villes à construire des logements sociaux. On allait voir ce qu'on allait voir et j'appréciais la détermination de votre mari à réformer. Je ne savais pas que ces réformes n'avaient pour objet que la réalisation d'économies et la renforcement des richesses d'une minorité héritière.

 

J'ai moins apprécié le Fouquet's, ou la publicité faite autour de vos vacances sur un yacht, moins l'avion présidentiel ou les insultes proférées par votre mari lors d'une visite au salon de l'agriculure.

Cela faisait beaucoup mais plusieurs d'entre ces faits avaient à voir avec la liberté individuelle. Et l'on en touche pas à cela. Je défendais, aussi dans les discussions entre amis, votre droit de faire ce que vous souhaitez de votre argent.

 

Mais le sentiment d'un nécessaire respect de votre liberté a fait place progressivement  à celui que l'on touchait peut-être à des valeurs essentielles de la République et que ces valeurs, inscrites dans la 5ème République, avaient été écrites pour défendre le droit inaliénable de chacun à la Dignité.

 

Ce sentiment, vous le comprenez aisément, me mettait profondément mal à l'aise. Cette façon de gouverner faisait place, ouvertement, au mépris de tout projet égalitaire. Votre époux ne cherchait pas à réparer les fractures sociales mais à se faire plus gros que le boeuf en protégeant ses acquis, en les étendant et en en faisant profiter quelques élites économiques. J'avais le sentiment d'assister à la mise à sac de valeurs essentielles en toute impunité et en toute impudeur, les deux allant de front.

 

Je me suis alors demandé si depuis la disparition de l'ancien régime, un autre Président que votre mari avait osé faire cela. Je me sens touché au plus profond de mon être. Et je sais que c'est l'être des gens que l'on malmène lorsqu'on leur inflige indirectement et directement le traitement que votre mari leur propose. Je n'ai pas de réponse à cette question. Je ne mets pas la démocratie au dessus de tout. La République oui.

 

Mais gouverner relève bien d'un art particulier non ? Je pense souvent que tout vient d'une méprise, celle de croire que la déontologie est une idée et non une conduite pragmatique.

 

 

Je vous souhaite une bonne année Madame la Présidente, que cette année vous apporte beaucoup de joies, beaucoup d'amour, de ces choses que l'on peut encore partager et qui ne coûtent rien, qui ne sont pas l'apanage des riches. Que cette année vous soit douce certes, mais qu'elle apporte un peu de discernement et de conscience collective à ceux que vous aimez. Et le monde tournera un peu plus rond.

 

Repost 0
Published by lanuitparle - dans économie
commenter cet article
8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 07:50

Lu dans l'édition électronique du quotidien le monde, rubrique économie. Je fouille régulièrement dans cette rubrique pour arriver à comprendre quelque chose en économie. Des décisions, des mécanismes qu'on impute parfois à l'informatique, ont des effets sur ma vie au quotidien. Autant que j'y comprenne quelque chose.  

Je suis à la recherche de cours d'économie générale. Et pas seul en plus à être intéressé par cela. Je suis très sérieux, (me laisser message sur lanuitparle@gmail.com).

 

Donc voilà ce que j'ai trouvé, ça ne me choque pas, ça ne me démoralise pas, ça renforce encore plus mon envie de lutter et de bosser fort pour faire bouger ça.

 

Je vous laisse lire l'article, présenté sous forme de brêve.      

 

"Trois établissements bancaires français ont décidé en 2009 de verser à nouveau des bonus à leurs dirigeants (présidents et directeurs généraux) tandis qu'en 2008 aucune rémunération variable n'avait été octroyée. Selon Les Echos de vendredi, il s'agit de BNP Paribas, Natixis et Dexia, qui ont mis en ligne des documents de référence sur la question. "Baudouin Prot, administrateur-directeur général de BNP Paribas, et Michel Pébereau, président, prétendent respectivement à un bonus de 1,4 million d'euros et 560 000 euros au titre de 2009", selon le quotidien économique. "La nouveauté, qui témoigne des changements réglementaires opérés dans le sillage de la crise, tient à ce que la moitié de ces sommes sera versée en 2010 et l'autre moitié sur trois ans, et qu'elle sera conditionnée à la réalisation d'objectifs financiers", rappelle le journal."

 

Je ne commente pas, je mets juste un peu en perspective. 1.4 millions d'euros, c'est deux points, ouvrez les guillemets 2 fois le budget annuel du centre social et culturel que j'anime. Un centre social et culturel participatif, rattaché à la ville de Bègles (plus de 75 % de nos recettes). Et aidé par le Conseil Général et la CAF. La CAF qui nous dit avoir de moins en moins de moyens pour soutenir nos structures, et ce pour deux raisons, parce qu'il y a de plus en plus de bénéficiaires de prestations sociales en raison de la crise et parce que le gouvernement a fait le choix de limiter son soutien à la CAF. Bègles, c'est la ville dont Noël Mamère est le député-maire.  

Un centre social qui salarie 12 personnes dont l'essentiel de l'action est de lutter contre l'isolement, pour l'accès à la culture du plus grand nombre, le départ en vacances de tous, au moins quelques jours par an et l'accés aux droits.

Et qui, re deux points ouvrez les guillemets 

          accompagne vers l'emploi, (une personne à temps plein)

          emmène en vacances,

          loue des bungalows pour les plus démunis qui partent ainsi une semaine l'été en vacances sur la côte atlantique (mais pas chaque année, on n'a pas l'argent), et qui partent pour 40 euros la semaine. L'hébergement et le transport sont à notre charge. Certains paient en plusieurs fois. Parce que 40 euros, c'est une somme quand même. Euhh, remarque, 1.4 millions aussi.  

          fait dévouvrir la montagne à 80 personnes par an,

          organise tous les mercredis après-midi de l'année des ateliers jeux et de fabrication de jeux en pieds d'immeubles, des ateliers qui réunissent jusqu'à 50 personnes de tous âges, 

         

1.4 million d'euros, c'est :

          200 000 personnes que l'on aurait pu accompagner au cirque, comme hier soir où 40 personnes ont pu aller voir "l'homme cirque" à côté de Bordeaux, un spectacle grandiose dans un tout petit cirque, 40 personnes co-acompagnées avec une association de soutien scolaire, Remue-Méninges, qui se débat pour trouver le moindre sou pour poursuivre son travail de fourmi dans les quartiers sensibles. Un travail juste pourtant.   

           400 000 personnes qui auraient pu être accompagnées au Festival, c'est le cinéma de proximité voisin de notre structure,

          2400 personnes qui n'ont jamais voyagé et qui pourraient partir en Irlande passer 1 semaine aux prochaines vacances d'Automne. Nous, on n'en fera partir que 6. Et on s'en réjouit et elles aussi, elles s'en réjouissent. 

          20 000 ateliers Saveurs du Monde qui permettent à des personnes isolées de cuisiner ensemble chaque semaine et de partager le repas et de permettre à des personnes encore plus isolées de venir y manger pour 4 euros. 

 

On ne fait pas mieux que les autres centres sociaux, là n'est pas le propos. C'est juste que dans le social, 1.4 millions d'euros, c'est pas juste une prime, c'est des gens qui cessent de crever. Et le propos n'est ni métaphorique, ni exagéré.  

 

Mais jusqu'à quand ?  

               

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by lanuitparle - dans économie
commenter cet article