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blog de lanuitparle

Un truc où j'écris

 

vous êtes ... à avoir visité

11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 06:22
Axelle, c'est un petite fille de 13 mois, c'est la fille de Manu et Eugénie venus nous rendre visite à Rabat. C'est ma filleule. Nous étions dans la voiture dans le quartier de l'Agdal à la recherche d'une place pour stationner. Le quartier est très emlbouteillé au moment de la sortie des écoles.
Absolument besoin d'acheter le livre qu'Othmane étudie. Othmane, lui, c'est le jeune à qui je donne des cours de français. 
L'impression d'être au seuil d''une pièce de Ionesco, je présente les personnages. Manu, Eugénie, Axelle, Télia, le flic et moi.
Je ne trouve pas à me garer, je sais que le livre est arrivé chez le libraire, que je n'en ai pour quelques minutes alors je me gare sur un passage piétons à quelques mètres d'un policier qui fait la circulation. Axelle est dans les bras de son père à côté de moi... 
Lorsque je reviens quelques minutes plus tard, Axelle a disparu. Et pourtant Manu se réjouit d'une situation que je ne vois pas encore.
L'enfant est dans les bras du flic à essayer de lui faire des bisous. Lui, il n'essaye pas, il le fait vraiment et fait des gouzis gouzis en arabe. Elle colle sa bouche ouverte à la joue du flic et attend. Lui sourit.
Pour être tranquille, il a actionné les feux tricolores et mis tout le monde à l'arrêt. Alors bien-sûr ça klaxonne. Cela dure quelques secondes. Je suis revenu à la voiture, je n'ose pas interrompre. comme en trop.
Les deux s'embrassent et le monde tourne plus rond.
C'est lui qui remet Axelle dans les bras de son père, par la fenêtre. Commencent alors les aurevoirs, Axelle qui agite sa petite menotte en le regardant avidement, lui qui a fléchi les jambes pour être à la hauteur de l'enfant et qui sourit toujours  en agitant la main.

Et le reste  de Rabat, au moins ceux qui ont une voiture mais de concert, qui klaxonne.  
   
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 14:13
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Hier matin, il y avait encore une famille dans cette maison. C'était mon repère cette maison, c'est à son niveau que le bus quittait la route côtière pour s'enfiler dans les quartiers plus populaires de Rabat, où commence la rue des mécaniciens par exemple. La maison comportait 2 parties, une partie couverte à droite où vivaient les parents et des enfants. Je voyais toujours beaucoup de monde autour de cette maison. Et une partie découverte où vivaient les moutons. La maison était délabrée mais avait un vrai toît et des murs.
Hier en passant avec Manu, nous avons vu un buldozer à côté de la maison et des gens qui parlementaient et plus loin le conducteur de buldozer qui attendait.
Cette photo a été prise ce matin. 2 types cassaient les murs déjà tombés. Je ne connais pas les raisons du départ de cette famille. Je sais seulement qu'hier matin encore, il y avait encore une famille dans cette maison.
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 19:53
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Ce matin dans le quartier de l'Océan, l'homme actionne la roue avec le pied droit et aiguise un couteau. Suis allé chercher sur le net les chiffres du chomage. Seulement 9% de chomeurs au Maroc était-il écrit, des chiffres de 2009. Ce faible taux et la réduction de ce taux de plusieurs points en quelques années est expliqué par la politique de grands travaux menée par le Roi.
Rien à dire sur la politique de grands travaux. La gare de Rabat est en pleine reconstruction depuis plusieurs mois, le tramway arrive dans la ville, le TGV est en construction. 
Mais quand-même 9%, c'est peu non ?  
A moins que je ne les connaisse tous et qu'on enlève de ces chiffres les petites bonnes, les femmes au foyer. Rien n'était dit sur le mode de calcul. Dommage !
 

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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 20:12
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En medina hier, 3 hommes jouent aux dames, les pièces sont des bouchons de bouteille de gaz, 2 couleurs, jaune et blanche. Je m'approche, l'un d'eux me propose de jouer. Je m'assois. J'essaie de changer les règles, mais ça ne marche pas, j'ai à faire à un tueur. Pourtant, je fais ça au boulot parfois (on a une ludothèque) et Germaine n'y voit que du feu. "N'y voyait que du feu" parce que maintenant, elle m'appelle le tricheur et part en courant quand elle me voit. Malgré ses 75 ans.
Le type sourit. Le jeu est plus court que celui que je connais.   

Il ne compte que 8 cases au lieu de 10, et les pièces sont disposées sur 3 rangées. Le type sourit et joue vite. C'est louche. 
Cela dure 1 minute et je suis cuit, rétamé, couché, massacré, à même le sol, on appelle le Samu, la police, les pompiers.
Dans un sursaut d'orgueil, je me relève, le souffle court, le regard franc, genre "là mon petit gars , tu vas voir à qui tu as à faire". La perfusion pend à mon bras. M'en fiche. J'ai remonté mes manches. J'aurais bien mis mon kimono mais je ne rentre plus dedans. 
Bref, je suis prêt, le type sourit toujours. Un alien sans doute. Qu'à cela ne tienne "ça va barder". 
Et ça barda en effet. Cela barda tellement que son ami, son comparse plutôt, celui qui se tient derrière, à gauche sur la photo, eut le toupet de jouer à ma place, dès le deuxième coup. Il arrêta chacun de mes gestes, m'hypnotisant. M'engueulant presque lorsque la fatigue allait me faire commettre l'erreur fatale. Bien sûr j'aurais fait mieux mais j'ai un tel respect pour ces hommes que je le laissai faire. (J'aimerais bien écrire "laissa faire", ça fait plus passé simple).
Je le laissa faire et il le fit le bougre.
Et je fis dame et je gagnai. Quelle victoire !   
L'homme me proposa la belle. Ce que j'aurais accepté volontiers, mais son âge canonique me faisait craindre le pire. Pour sa santé bien sûr. 
Je déclinai à regret. J'avais gagné.

PS : je relate les faits avec l'autorisation de ces hommes bien sûr. Et aussi, après m'être assuré qu'ils ne lisaient pas le français. Merci messieurs. 

   
    
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 14:21

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Ce matin, dans la medina, l'homme tient de gros ciseaux à la main, c'est un tapis qu'il a sur les genoux. Les femmes de son village font des tapis à la main avec la laine des moutons qu'elles élèvent.
Décidément le mouton !!!
Et viennent les vendre 2 fois par semaine. Ainsi la rue se remplit ces deux matinées-là de femmes et d'hommes qui vendent des tapis faits dans le moyen-atlas. Celui-là est blanc, mais d'autres sont teintés avec du henné. Cela donne une couleur marron. Les motifs que l'on devine sont des symboles berbères, souvent des figures géométriques. On devine que quelque chose s'exprime là. Certains symboles évoquent le mariage, d'autres la fécondité, d'autres la joie, la richesse.
Ce tapis est noué. D'autres sont tissés avec des morceaux de tissus, d'autres brodés. 

Il a d'abord brossé le tapis et maintenant il le rend plus uniforme. L'homme ne parle pas français, c'est une femme qui aide à la transaction et qui reçoit une commission à l'issue de la négociation. Toujours du mal à négocier avec les producteurs locaux. Son prix fut le mien, 200 dirhams.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 06:53
Le premier épisode Véolia laissait les personnes sur le bord de la route. A lire, ici mon bus et Véolia Voici la suite.

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Hier en rentrant de l'école où je venais de déposer M, un homme sur la route en livrée rouge (pardon, chant du muezzin ici, il est 6 heures, c'est le premier appel à la prière). Donc hier, un homme sur la route, il fait un signe avec son index, sa main est légèrement décollée du corps, c'est sa façon de faire du stop.
Je m'arrête, il monte, il part bosser. "Pas de bus me dit-il ou si une fois à 8 heures, 9 heures, on sait jamais". Il travaille dans un hôtel de Temara.
L'après-midi maintenant en sens inverse, là je pars pour l'ambassade d'Inde, je dois retirer le formulaire de demande de visa. Il est midi et demi. Un homme, une femme et deux enfants sur le bord de la route. Même signe, je stoppe. C'est l'homme qui fait le signe, la femme est en retrait. Il m'explique qu'elle doit aller prendre un bus à la gare routière de Rabat pour se rendre dans sa famille. Et qu'il n'y a plus de bus. La femme monte avec ses deux enfants. Silence pendant tout le trajet, aucun de nous ne parle la langue de l'autre.
  
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 12:41
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Sur la terrasse hier, Hanane (c'est la dame au premier plan), le linge et le ciel. Je ne pense pas que le mot terrasse désigne en arabe tout ce qu'il peut désigner en français. Mais le même mot ici renvoie à 4 choses différentes. 
          Les terrasses des maisons d'abord sur lesquelles pend le linge, on n'y joue pas sur ces terrasses, elles n'ont pas de parapets qui protégeraient les enfants de la chute. La plupart des maisons n'ont pas de toît mais sont pourvues de ces terrasses. Alors que la maison est fraîche, la terrasse est chaude, c'est là que l'on peut profiter du soleil toute la journée.
On y vit sur certaines mais de moins en moins. J'ai vu cela à Casablanca. Et c'était écrit déjà dans le livre l'hôtel Yacoubian. La terrasse de l'immeuble que l'auteur situe en Egypte abrite les gens modestes dont les bonnes. Y dort le personnel de maison. J'y ai vu des lits à Casablanca sous des abris de fortune. 
          Les terrasses, ce sont aussi celles des hôtels de Marrakech ou celles des cafés où ne s'entassent que des hommes et celles qui permettent les cultures à étages dans les régions montagneuses.       
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 16:56
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Rien ne se jette, ici les poubelles s'accrochent à l'extérieur en hauteur, elles sont d'abord visitées par ces hommes qui récupèrent tout ce qui peut l'être. Là, on voit accrochées des bouteilles en plastique. Ce sont ces mêmes bouteilles qui servent sur les routes de l'Atlas à la vente d'huile d'oilve. Sur la charette, ici motorisée, des bidons, des tuyaux, des morceaux de fer.
D'autres fois ce sont des charettes à bras, (photo ci-dessous). Le métier est harassant, les hommes arpentent les rues de la ville à longueur de journée dès tôt le matin. Sous la charette, dépassent les jambes d'un homme qui dort. Quel usage font-ils de ce qu'ils récupèrent ?  

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 12:03
Dans le quartier de l'Agdal hier. C'est le quartier chic de Rabat, j'y suis parce que l'école de M se trouve dans ce quartier. Ce métier de cireur de chaussures m'a tout de suite frappé lorsque je suis arrivé ici, comme celui de barbier au Portugal. Sans doute, à cause de la symbolique, "un homme qui se met aux pieds d'un autre pour lui cirer les pompes". Alors quoi en penser ? Je me fais ou non cirer les chaussures ? Je le fais, sans considérer bien entendu que la place de chacun est naturelle. Ce type gagne sa vie en cirant des chaussures.
Quelle perspective a-t-il ?
Peut-il en bouger de cette place-là ? Qu'en dit-il ?
Et si lui ne le peut pas, ses enfants le pourront-ils ? Vont-ils à l'école, sachant que l'école n'est pas obligatoire et qu'elle est payante.  
Les cireurs de chaussures sont mobiles, certains parcourent la ville avec leur petite boîte en bois à 2 volets latéraux, dans laquelle ils transportent cirage, chiffons et brosses. Ils abordent le client dans la rue ou à la terrasse des cafés en montrant leurs chaussures avec la brosse qu'ils tiennent à la main. Leur regard signifie "alors, tu es intéressé ?" 
Le client pose son pied sur la boîte sur une partie surélevée prévue pour cela et qui ne gêne pas l'ouverture des 2 volets. L'homme protège d'abord les chaussettes en insérant des morceaux de carton entre la chaussure et la chaussette, puis enduit de cirage.
Quand il a fini d'enduire une chaussure, il tape sur sa boîte. Alors, on pose l'autre pied. J'avais vu ce geste au hammam pendant le massage.
La brosse virevolte, un côté pour enduire, l'autre pour brosser, puis le chiffon. L'homme travaille vite, évidemment. Ca coûte 5 dirhams (50 cts d'euro). Ce sont souvent des hommes assez âgés qui exercent cette activité.

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Je remarque la tenue de l'homme. Il est en costume et porte une chemise sous son pull. Comme cet homme vu sur le bord de la route il y a quelques mois dans l'Atlas à qui on avait acheté des pommes. "De mon pommier" avait-il dit nous proposant de le suivre pour aller voir. L'homme pauvre, tant qu'il le peut sait rester digne.
 
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 08:51
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J'aime bien Véolia Environnement, pas seulement parce que l'entreprise est leader mondial des services de l'environnement.
Mais aussi parce que leur site internet est très joli avec cette baleine en fond d'écran sur la page d'accueil.
Et plus encore parce que leur fondation permet de donner à bouffer à des gosses de la rue. C'est ce que j'en déduis à la vue de la photo (très belle) prise au moment du repas dans un orphelinat d'Asie du Sud Est. Et puis le développement durable, c'est leur truc, et la citoyenneté aussi. Plus fort encore, le site parle d'une exposition sur les utopies urbaines.   
Plusieurs bonnes raisons d'aimer Véolia donc et ça tombe bien parce que ce matin, je prends leur bus. L'entreprise a obtenu la concession des transports à Rabat depuis quelques mois, je n'avais pas compris alors les raisons de la grêve des chauffeurs de bus. J'avais juste constaté que le prix de la course jusqu'à Rabat était passé de 4 à 3.5 dirhams. Ce qui était plutôt bien pour toutes ces personnes dont le bus est le seul moyen de transport. Et puis, les chauffeurs allaient être formés, la sécurité renforcée. Ils sont forts chez Véolia.
Donc, je prends le bus. Et comme l'attente peut être longue, parfois 30 minutes, je pars bien en avance de la maison. A 10 heures, je suis à l'arrêt de bus devant la mosquée. Déjà trois personnes, dont un vieille femme, je sais que je ne vais pas attendre longtemps.
Donc j'attends. Et ça dure. A 11 heures, on est une dizaine. Le bus a dû avoir un souci. La vielle femme a trouvé une pierre pour s'asseoir. Une première fourgonnette, type honda, s'arrête et ramasse les hommes qui veulent bien monter. Trop dangereux me semble-t-il sur cette route-ci, c'est la route côtière qui relie Rabat à Temara. La vieille femme refuse. Je comprends qu'un type en fourgonnette a remplacé le bus. Il exagère celui-là. 10 minutes plus tard, une voiture s'arrête pour proposer à la dame et à un autre monsieur de les emmener. Ils montent. On est plus que 5 maintenant à l'arrêt de bus.
Il est plus de midi. D'autres arrivent et personne ne peut me dire à quelle heure viendra le prochain bus, ni s'il y en a un. "Parce que maintenant me dit-on, y'a plus que quelques bus chaque jour". 
Véolia a supprimé des bus parce qu'ils n'étaient pas assez rentables et les personnes modestes ne peuvent plus se rendre à leur travail. C'est ce que m'explique une Française vue plus tard à Rabat dont la femme de ménage vient de Salé, plus de 25 kms. Et qui part désormais à 5h de chez elle pour venir travailler. Un chauffeur de bus maintenant "Quand un bus est arrivé à un bout, il fait demi-tour. "
Je finis, quant à moi, par monter dans une voiture vers 12h30. Elle me dépose au terminal du bus, au marché central. Et me demande 10 dirhams. Deux fois et demi le prix de la course initiale avant Véolia. 
Pas sûr que ce soit une si bonne idée d'avoir confié le transport de personnes à une entreprise qui s'occupe de baleines et d'utopies urbaines. A moins qu'aller travailler relève vraiment de l'utopie.   
A lire mais dans le monde diplo maintenant : http://blog.mondediplo.net/2009-01-22-Tramway-de-Jerusalem-Veolia-sanctionne-en-Suede, Merci Warda pour le lien. 
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