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blog de lanuitparle

Un truc où j'écris

 

vous êtes ... à avoir visité

12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 17:55

Corinne Troisi,

 

vous connaissez déjà, ce sont ses oeuvres que j'avais surrpises se faisant la malle de chez nous à Rabat. "Hep vous là, venez voir s'il vous plaît !". La preuve : 

 

IMG 1881

 

Piteuses, elles étaient rentrées home et depuis je ne les laisse plus gambader dans la maison, de peur que. Elles avaient bien essayé les sempiternelles "c'est pas moi, c'est elle", se montrant du doigt à qui mieux mieux. "Je ne veux rien savoir avais je pensé nécessaire de trancher très vite" montrant du doigt la porte restée entrouverte, signifiant ainsi le chemin du retour sans aucune autre alternative ni tempérance. Ces deux-là font partie d'une série de 6 tableaux "Toilettes pour dames".

 

J'avais gardé pour moi le plaisir qu'elle m'avait fait de vouloir prendre la poudre d'escampette, voyant dans ce geste l'une des expressions de ces affranchissements que certains d'entre nous osent  (je pense à Jaad qui vogue depuis le mois de juillet d'abord en Atlantique puis en Méditerranée) ou à cet homme qui partait traverser le Chili du Sud au Nord, que j'avais laissé sur le quai de Montparnasse un jour de neige. Des oeuvres  dans la rue, qui partent à la rencontre du tout venant, quel bonheur ! On peut en voir des exemples ici link.

 

Donc là, je vous montre le dernier travail de Corinne. C'est à Casablanca cette fois-ci. D'abord je vous montre, et après je vous dis ce que j'en pense. Et au passage, bisous Corinne. 

 

Fleur-in-situ-SG--web.jpg

 

De face, ça donne ça, j'aime d'emblée beaucoup les couleurs et imagine très bien avoir ça chez moi "à plat" sur un mur blanc, comme d'autres mettent des coquelicots. Je découvre quelques étrangetés dans le tableau. En particulier ces lignes horizontales qui le traversent de part en part dans le sens de la hauteur et que l'on retrouve sur le support mural. L'artiste a donc composé avec le relief du mur, comme les peintres pariétaux d'ailleurs pour donner du volume à sa fleur. Ou a dû composer avec la surface non lisse qui lui était offerte.

 

Alors, on se déplace de 2 pas sur notre droite et ça donne ça. 

 

Fleur-in-situ-SG-4-web.jpg

 

 

 

On se déplace encore, et ça donne ça. Un trou béant s'ouvre dans le tableau. On se rend compte que ce que l'on a pris pour un premier plan, la partie centrale, est un second plan. Un trou par lequel pourrait passer un homme, une porte peut-être. J'aime bien cette idée de la porte qui fermée composerait un tableau à plat et lorsqu'elle est ouverte obligerait le spectateur à trouver le bon angle pour retrouver l'unité du tableau, en allant en chercher les éléments manquants sur le mur du fond. Mais je ne crois pas à la porte. Corinne compose des tableaux qui selon l'angle d'observation offrent des facettes différentes et qui ne retrouvent leur unité originelle que depuis un point de vue bien particulier. Jamais je ne m'étais autant interrogé sur la question du point de vue, de sa relativité que depuis que je connais le travail de l'artiste parce que l'oeuvre vue sous certains angles peut paraître incompréhensible. Je pense au portrait d'un vieil homme qu'elle avait exposé à la galerie AB de Rabat, à un vieil homme enrubanné. L'oeuvre se découvre donc selon plusieurs points de vue et nous rassure que depuis un seul, parce que l'on en a une perception ordinaire. Ca colle mieux à ce que l'on connaît déjà. 

 

 

Fleur-in-situ-SG-2-web.jpg

 

Bravo Corinne, j'aime ce travail à la fois "à plat" et dans les perspectives qu'il offre. J'apprécie aussi cette idée que quoi qu'il en soit, le tableau finira par trouver son unité. Ce n'est pas grave que le peintre peigne une fleur d'hisbicus sur un mur à trous, elle ira chercher appui là où elle rencontrera le plein, au fond de la pièce d'à côté par exemple, quitte à peindre les tuyaux, le verre des fenêtres, la porte. Tout obstacle est contourné par la peinture. Le peintre peint malgré tout, comme si l'oeuvre et le peintre s'associaient dans ce seul projet, exister.

 

 

 

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 12:35

bendabilili

 

Vu il y a quelques semaines à l'occasion du lancement du Rocher Palmer (un nouveau lieu culturel de Bordeaux). Le film passe à l'Utopia. A decouvrir pour ceux qui ne connaissent pas. Un cinéma dans un ancien couvent. L'une des salles de projection est dans une chapelle.

Benda Bilili retrace le parcours d'un groupe de musiciens paraplégiques de Kinshasa. Le film est un reportage, très peu de travail de montage. On voit ces hommes, que des hommes, mûs par le sentiment très fort qu'un jour leur heure viendra, celle de la célébrité. Mais qu'on viendra les chercher sur leur bout de trottoir. Et c'est vrai que deux reporters finissent par les trouver.

On les voit animés d'une vraie joie de vivre, se réunir chaque jour et jouer, entourés de gosses des rues et se séparer assez tard le soir, les uns pour regagner le foyer dans lequel ils vivent ou rejoindre le coin de trottoir sur lequel ils déplient des cartons. C'est une histoire des cartons, de trottoirs et de fleurs.

La rue aussi est un personnage du flim, tant ce qui s'y joue, donne à voir l'espace public autrement qu'à travers notre regard d'occidental normé et fier de l'être, qui ne poroduit rien dans la rue sans autorisation. 

 

C'rst donc l'histoire d'un renversement du regard sur la personne handicapée, considérée là dans son être, dans ce qu'elle est. Et non dans son écart à la norme.   

On voit le rôle qu'ont joué les reporters dans l'éclosion de ce groupe. Les reporters enquêtent sur les musiciens de rue, s'entichent de celui-ci et leur proposent de produire un disque. Débute là une autre histoire, complètement improbable, celle de l'éclosion d'un groupe, le staff benda bilili. D'un groupe aujourd'hui en tournée mondiale.

 

Les premières images sont filmées dans la rue et c'est la violence de la rue qui nous saute de suite aux yeux, le reporter filme, et une voix de jeune homme l'invective, le menaçant de lui voler sa caméra. Et l'on sent bien que le propos est sincère, que tout dépouillement est possible dans la rue. Et pas seulement le dépouillement, que tout est possible.

 

Autres bonnes surprises du film : l'improbable zoo, la conversation des deux enfants sur l'Europe, cette foi indestructible que quelque chose peut advenir. Et puis bien sûr, ce jeune musicien à l'oreille absolue qui invente un instrument de musique. Que l'on peut entendre là : link

 

Un film qui rappelle combien vivre peut être doux.

 

 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 07:09

magnolia-1.jpg

 

J'ai aimé un spectacle de 50 minutes qui parle du vécu de la maladie, ici un cancer, par une enfant de 11 ans.

C'est dans le cadre de l'Abracadabrantesque, un festival d'une quinzaine de jours qui vient de se terminer sur Bègles. Bègles, c'est une ville de gironde, frontalière de Bordeaux, une petite ville au passé cheminot et de sécheries de morues. 

 

Les stéthoscopes sont des clowns professionnels qui interviennent dans les hôpitaux pour enfants..Le spectacle de la semaine dernière au TNT montre ce que vit l'enfant au quotidien lorsqu'il est atteint d'un cancer. L'auteur

utilise comme procédé la lecture de son journal intime par l'enfant. C'est classique mais ça fonctionne bien. 

On entre assez vite dans l'univers de la maladie, l'annonce de la maladie en termes trop techniques pour que l'enfant y comprenne quoi que ce soit, le rôle que les adultes jouent, (la mère présente, le père qui travaille, la marraine aux cheveux rouges, le grand père pêcheur, la grand-mère gâteau), mais aussi les phases de renoncement et puis le premier contact avec le clown.  

 

C'est grave mais pas triste, c'est interprété par une femme seule sur scène, dont je n'ai pas aimé la voix, puis je me suis laissé prendre par le récit de l'enfant. Le journal est à la fois factuel, "j'ai rendez-vous demain pour savoir si je suis en rémission" et plein de ses ressentis face à la maladie et aux traitements (chimiothérapie, numération, ponction lombaire).

 

Certains thèmes sont traités longuement, le désespoir de l'enfant, sa colère face à la maladie, son besoin de retourner avec les autres, de voir sa petite soeur. L'auteur de la pièce, à l'occasion du débat qui fait suite, explique que la fratrie souffre terriblement dans ces moments-là de ne pas voir l'enfant malade.

 

Je retiens une scène en particulier, celle de l'entrée du clown dans la chambre de l'enfant. Le clown frappe à la porte (et là le jeu de l'actrice est très bon) "bonjour Sophie" et mime un animal, l'enfant rejette une première fois le clown, alors le clown ressort le clown dit en refermant à la porte "j'ai dû me tromper de personnage", elle n'insiste pas davantage laissant l'enfant exprimer son refus et pourtant elle frappe à nouveau, avec un autre personnage, même refus de l'enfant et à nouveau ce "j'ai dû me tromper de personnage" qui laisse une porte ouverte. Elle en recherche un autre, et l'enfant tout en refusant l'entrée de sa chambre, instaure un dialogue, quelque chose comme "moi aussi j'ai un chat". 

 

On les trouve là : http://www.lesclownsstethoscopes.fr/

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 17:22
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 06:41
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 06:14
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J'ai horreur quand ces deux-là se font la malle
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 14:23

 

 

IMG 1878

 

La peintre s'appelle Corine Troisi. Elle s'est installée à Rabat pour peindre, une galerie s'est ouverte mercredi dernier sur son travail. La série s'appelle Toilettes pour dames. (je referai la photo quand la luminosité sera meilleure mais là, pluie et que pluie en permanence et parfois des trouées de ciel bleu). J'aimerai proposer aux enfants un conte sur cette série-là.

Quelques idées pour l'instant.
          personnaliser chacune de ces femmes en leur donnant un nom, en m'appuyant sur les détails des tableaux pour en dire quelque chose de leur personnalité. J'ai pensé que les 3 femmes du bas pourrraient être des enfants, aux âges différents et que l'on pourrait déjà dire quelque chose des relations qu'elles entretiennent. Je leur ai donné le nom de mes filles. En bas à gauche, Charlotte, à côté Marie, ma fille aînée, puis Nina, 8 ans. Le portrait de Marie en gros plan fait très manga (voir la photo ci-dessous).
          relier entre elles ces femmes dans un événement commun tel que le départ à la plage
          les décrocher et les déplacer devant les enfants

 Bref, l'exercice est en cours et je ne m'en sors pas très bien pour le moment. Ah oui, vais essayer de faire sortir les oeuvres de la maison.

IMG_1816.JPG

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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 22:44
Isabelle Kraiser est une artiste plasticienne. Elle expose en ce moment au CAPC, c'est un musée de Bordeaux. Son travail provient de sa résidence à la cité St Jean en face de la gare. Elle y a pris des habitants en photos, a recueilli des témoignages. 
Je suis allé voir l'exposition avec des habitants d'Yves Farge, c'est un quatier en Opération de Renouvellement Urbain à Bègles.
On y va le jour du vernissage. Youpi, on assiste d'abord à une conférence sensée donner la parole à l'artiste. Elle le fait un peu, explique qu'elle s'est parfois sentie débordée par la détresse, devenant parfois assistante sociale, parfois médiatrice.
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