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blog de lanuitparle

Un truc où j'écris

 

vous êtes ... à avoir visité

27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 09:15

Ce n'est pas la première fois que je me fais engueuler par Nina parce qu'une histoire que je lui ai conseillée finit mal. La dernière fois, c'était hier après-midi lorsqu'elle est descendue en pleurs de sa chambre en me reprochant de lui avoir conseillé la lecture du petit prince à plusieurs reprises.

 

"Et moi je te croyais papa, alors j'ai lu en confiance le petite prince (Nina a 9 ans) et voilà, hein, voilà".

Voilà quoi ?

Et bien, voilà, c'est nul.

 

J'ai été décontenancé par la tristesse de cette petite fille qui refusait que je la prenne dans les bras. 

 

As tu fini le livre ma chérie ?

Non, j'en suis au passage du petite prince et de la rose et c'est vraiment trop triste. Alors, plus jamais papa, plus jamais je ne lirai un livre que tu m'auras conseillé.

 

Au moins n'a-t-elle pas découvert la fin du livre !

 

J'étais en train de laver une table dans le jardin et je suis resté plusieurs minutes à l'arrêt. Partagé entre l'envie de me réjouir d'une telle sensibilité et de tout ce temps qu'elle passe à lire et à connaître ces univers dans lesquels elle baigne bien avant l'âge où je l'ai fait moi-même, considérant cela comme une grande chance, et le constat que cette sensibilité n'a pas fini de la faire souffrir.

 

En écrivant cela, je me rappelle avoir passé 2h30 l'an dernier à regarder le film japonais "l'histoire du grand judo" en VO (japonais bien sûr) et en noir et blanc. Nina était resté à mes côtés tout le temps du film, fascinée tant par les images que par l'histoire. Elle avait adoré ce film, tout comme celui de Benda Billili commencé hier.   

 

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 12:03

Je l'ai vu dans un espèce de Prisunic à Bayonne, sous les arcades, à côté d'un chocolatier dont l'homme m'avait un jour dit au sujet de sa femme "elle mange 6 kgs de chocolat par mois, mais rapporté à chaque  jour, ça ne fait que 200 grs". Sur le moment j'avais bien entendu trouver les quantités énormes, mais c'est vrai que "rapportées à chaque jour", elles en devenaient presque ordinaires. Et maintenant, 20 ans plus tard, maintenant que j'ai lu Charlie et la chocolaterie, ces quantités englouties chaque année me paraissent extraordinaires et m'ont rendu sympathique cette femme que je n'ai jamais vue.   

J'y vois là, l'une des expressions que l'amour peut prendre entre un homme et une femme, il s'agissait juste de trouver le bon angle pour en parler. La mesure "jour" constituait ce bon angle tout en rendant les choses plus gigantesques encore quand l'angle d'oservation de la relation de cette femme au chocolat devenait l'année. Combien cette femme mangeait-elle de chocolat par an ?  

Un endroit dans lequel il faisait toujours sombre ce prisunic, éclairé par une lumière artificielle donc blafarde, avec un coin à bonbons devant l'issue de secours. Le soleil, empêché par la largeur des arcades, n'a jamais pu pénétrer à l'intérieur du lieu. C'était un fauteuil très bas pour enfant, de couleur jaune, en plastique.

Depuis chacune de mes filles s'est assise dessus, je l'avais repéré pour la chambre de Marie.

Marie avait déjà une table rouge. J'avais souvent Marie à la maison, le week-end, les temps de midi.

J'étais avec Marie lorsqu'elle se se sont vues pour la première fois, Marie et le petit fauteuil jaune. Je sais que le premier mouvement entre cette petite fille et le fauteuil na pu être que l'oeuvre de Marie. Mais je n'aurais pas été surpris d'entre la chaise dire un truc du genre :

"Viens t'asseoir jolie petite fille blonde" en prenant l'air le plus engageant et la posture la plus confortable.

Alors Marie s'est assise et l'affaire était entendue et l'union d'une chaise et d'un enfant consommée. J'ai demandé à Marie si elle voulait que l'on prenne la chaise. Marie la voulait, s'est assise et je n'ai pas pu décoller les fesses de l'enfant du plastique jaune. Je suis passé à la caisse ainsi en portant Marie dans son fauteuil, contre ma hanche. Et nous sommes rentrés aussi ainsi, Marie, le fauteuil et moi.

Le pouce dans la bouche de Marie, Marie, le fauteuil et moi.

Il fallait franchir la Nive. C'est cette ricière qui se jette dans le fleuve Adour.

Arrivés à l'appartement, j'ai posé le fauteuil dans la cuisine, tout contre la petite table rouge et j'ai préparé le repas. Marie suçait son pouce, rêveuse, je les avais mises à côté de moi. 


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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 09:29

je sais bien que parfois les mots ne passent pas par le filtre du mental pour s'exprimer. Comme s'ils utilisaient juste la bouche, le larynx, le souffle du locuteur.

J'ai plusieurs fois eu cette impression en lisant Christian Bobin. Bobin ne fabrique pas les mots mais il les saisit mieux que les autres. Bobin est juste relié à la poésie du monde. "Juste", l'impudeur de ce juste, alors que bien souvent, une vie ne suffit pas à dépouiller, nettoyer assez pour parvenir à ce "juste".

Certains appellent cela Dieu, ou la poésie du monde, ou se servent pour en parler de l'expression "être touché par la grâce de Dieu". En tout cas, on convoque le divin pour en parler. Parce que l'on sent bien que cela ne vient pas de soi, mais d'un bien en deça de soi.

 

J'ai compris cela en lisant le petit opus "Poétique" d'Aristote qui dit de la métaphore qu'elle donne à voir le réel. Comme si elle était l'expression fidèle du réel. Et surtout comme si, seule, elle, savait faire cela. Mais pas une métaphore que l'on fabriquerait en l'introduisant par le vocable "comme", c'est comme si ou comme ça. Plutôt une métaphore sur laquelle on n'aurait aucune maîtrise, qui s'imposerait à soi, que l'on n'aurait pas pris la peine de réfléchir, que l'on aurait saisie à la Bobin. Un truc qui se serait dit au moyen de soi, bouche, larynx, souffle.

 

J'ai eu cette expérience là à 4 reprises je crois. La première c'était avec Marie, elle avait 2 ans, il pleuvait très fort, c'était au marché couvert de Bayonne, il faisait doux pourtant. Nous vivions à Bayonne, au 48 rue des tonneliers, un lieu où j'ai trouvé sans doute sans que cette famille ne le sache, une famille de substition, la famille Etcheto. Les Etcheto étaient propriétaires de l'immeuble où nous vivions à 4 familles. Marie montait souvent les escaliers des 2 étages qui nous séparaient des Etcheto pour aller nourrir madame, une vieille femme devenue impotente à la suite d'un chute. Elle montait nourrir, à 2, 3 et 4 ans Mme Etcheto. Et ça durait des heures. Une petite fille nourrissait à la cuillière un vieillard. Mme Etcheto produisait les plus grands efforts pour s'assurer que la nourriture parvienne bien à sa bouche, tant le geste de Marie n'était pas encore assuré. Il y en avait partout et un peu dans la bouche. Et c'était un ravissement. Et cela amusait beaucoup madame. Marie redescendait avec des bonbons au chocolat, qu'elle n'osait pas manger, pare que trop vieux et qu'elle n'avait pas non plus osé refuser. Et que je retrouvais après quelques jours dans ses poches.  

 

Je portais Marie dans les bras, ce jour de pluie très forte au marché couvert. Marie a 16 ans aujourd'hui. Elle avait un petit kway de couleur bleue marine, une toile un peu épaisse et une jolie coupe. On regardait la pluie, elle tapait, tapait sur le sol, éclaboussant le parvis alors on s'était reculé. Il faisait doux. J'avais une main sous elle, et une main dans son dos. Je portais souvent Marie dans les bras. C'était une façon de lui dire. "Tu vois ma chérie, ma petite fille, je t'aime et je suis là. Je ne suis pas celui que ta mère construit par son propos. Je suis ton père aimant et présent". Je sentais qu'il fallait que j'oppose cela, cette façon-là d'être dans la relation parentale, parlée en analyse, pour la poser sur un socle structurant.

La pluie provoquait chez Marie le rire aux éclats. Elle riait à gorge déployée. Et c'était très joli. Puis elle s'est arrêtée de rire subitement et dans le même instant, a pris mon visage entre ses mains, m'obligeant à lui faire face, ses petites mains, m'a regardé fixement.

 

Et a dit "j'aime que tu m'aimes papa".

Je n'ai rien pu dire, on est silencieux quand ça vient du ciel.

Alors j'ai cherché quelque chose à faire, c'est chez elle que j'ai trouvé la réponse, j'ai fait comme elle, j'ai ri. J'avais reçu la bénédiction de Dieu. Et ce rire glousse encore, 14 ans plus tard, au plus beau de moi.

 

J'ai ce moment inscrit en moi Marie, merci d'avoir laissé ce truc-là sortir. Il m'a longtemps aidé. Et maintenant, il est rangé quelque part. Il n'a plus à porter un costume trop lourd, il a rejoint une sémantique universelle, peut-être pour aider à nouveau un père et un enfant dans leur tâche de vivre. Et c'est heureux ! Je t'aime ma grande fille.      

 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 06:41

 

l'anniversaire de Charlotte samedi dernier. Chronique d'un désastre annoncé. Charlotte part de la maison avec 6 invitations, on en fera une de plus le lendemain.

 

Alors, le soir, on fait un premier bilan.

- Charlotte, tu as pu donner les invitations à Lohan, Camille, etc... Marianne a écrit le texte de l'invitation et moi les noms sur les enveloppes.

- Ben non papa, j'ai changé d'avis, je les ai données à Lucille, Avel, etc...

 

Seul un ou deux enfants ne sont pas passés à la trappe.

 

- Comment tu as fait alors, parce qu'il y avait leur nom sur les enveloppes ?

 

- Mais papa, (ma fille est sereine) j'ai barré les noms et j'ai mis d'autres noms quand j'étais dans la cour.

 

- Et tu crois que les enfants, invités au moyen d'une enveloppe dont le nom n'est pas le leur, vont venir à ton anniversaire ? Tu ne crois pas que les parents vont penser que leur enfant n'était pas invité ?

 

- Non papa, j'ai fait ça proprement, j'ai réécrit leur nom avec un feutre par dessus.

 

- Proprement ?

 

- Oui papa.

 

Charlotte avait réécrit au feutre noir sur des prénoms écrits en doré sur des enveloppes de couleur rose.  Proprement donc.

L'on entra ensuite dans une période un peu iréelle où je reçus des appels d'enfants ou de parents m'indiquant que Délia ne viendrait pas, ni Axelle, des enfants dont je n'avais jamais entendu le nom mais qui avaient eu la chance de croiser Charlotte dans la cour de récréation "au bon moment".

 

Donc au final, c'est en voyant les enfants arriver que l'on en connut le nombre.

Et ce nombre fut 3. Charlotte en fut ravie et s'exclama à chaque fois que quelqu'un sonna à la porte d'entrée avant d'aller regarder par la boite aux lettres qui lui avait fait ce plaisir de venir. Et avant de se mettre à sautiller, en agitant les bras comme si elle voulait s'envoler.

Aucun regret, elle rit beaucoup de sa méthode d'invitation, comme une bonne farce. Elle avait pris soin de s'inviter aussi, pour être sûre de ne pas s'oublier avait-elle dit. Au programme, jeu de société des coccinelles amoureuses, chasse au trésor et goûter. Et beaucoup de bonheur pour cette petite fille.

 

Joyeux anniversaire ma puce.

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 07:04

Hier dans la voiture entre Bordeaux et Saintes, on joue aux jeux des animaux et des personnages. C'est moi qui cherche parce qu'on est tous traumatisés par nos dernières expériences de jeu avec Charlotte (toujours 5 ans). La preuve ici. Charlotte est une tricheuse

 

Ayé, j'ai un animal dans la tête.

 

Donc, questions d'usage des enfants et de M.

Est ce que c'est ....

Oui,

Est ce que c'est ...

Non,

Elles cherchent toutes.

 

Nina : Est ce que tu en as déjà mangé papa de cet animal ?

Moi : Euuuuuh oui mais pas çui-là. C'est la première fois que ce genre de questions est posé, suis pas très à l'aise.

 

Charlotte : Est ce que ça rampe ?

Moi : Ben euuuuh

 

Charlotte qui s'écrie cette fois : ça y est papa, j'ai trouvé UN STEAK HACHE. Elle est très sérieuse. Elle attend juste ma confirmation.

Moi : Chérie, un steak haché, c'est pas un animal.

Charlotte : Ben c'est quoi alors ?

Moi : Grrrrrr... Charlotte 

...

La veille, elle avait juste décidé sans rien dire à M, alors qu'elle jouait toutes les 2, de chercher 2 animaux dans sa tête et non  seulement 1. Et répondait alternativement pour l'un ou pour l'autre. L'animal avait tantôt 2 pattes, tantôt 4, pouvait en avoir 6 "ça dépend disait-elle". Il  vivait dans l'eau et creusait des galeries sous la terre. 

Le jeu avait duré des heures.

 

Et savez-vous qui a gagné ?  

 

 

 

 

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 12:58
J'ai Nina dans les bras, on lit sur le blog la girafe et le crocodile (le lire dans le blog). En entier. Ca se termine par le moment où elle file faire pipi. Et là, aujourd'hui donc, plusieurs années après, à la lecture, elle quitte précipitamment mes bras pour filer "faire pipi, papa, parce que j'ai trop envie".  


filles-bordeaux-mai-2008-012.jpg
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 06:39

Je suis avec les petites ce soir et avec Marie, ma grande fille, demain. Juste dans quelques heures. C'est peu quelques heures, ça sent déjà l'odeur de blé, de la glace à la crême de lait, du parmesan sur les nouilles et de la tarte tatin, ça sent le cirque et le moelleux des sièges de cinéma, et le moelleux du chocolat, ça sent le silence avant le film  au cinoche, ça sent le shampoing dans les cheveux de Charlotte, c'est doux comme la peau de Nina,
j'entends la voix de Marie, la vois déjà au réveil, "bonjour", toute endormie encore, en pyjama (son short et un tee shirt) qui descend dans la cuisine, ne peut pas me regarder encore, ne le fera que plus tard, elle ouvre le frigo et demande toujours au même moment "ça va ?" C'est que des choses douces et ce matin, je peux ouvrir ce truc que j'ai essayé de contenir depuis quelques semaines et qui poussait, poussait parce que ce soir je vous ai avec moi, autour de moi, à moi, comm une vache
Oui ma grande, ça va très bien même. (muezzin)
Nina viendra se frotter comme un chat. Alors je prendrai le chat dans mes bras et l'autre chat, celui qui bouge tout le temps, celui qui fait du judo, qui s'appelle Charlotte viendra se frotter aussi mais ça ne durera pas parce qu'il y a tant à faire quand on a 5 ans. Et moi je regarderai tout, enregistrerai tout, reniflerai tout.

Allez, stop l'ordi, je ferme. Parce que là, faut que je me fasse beau parce que ce soir j'ai rendez-vous     

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 19:51

C'est le mot de Nina hier qui m'expliquait combien elle m'aimait. Elle avait dit auparavant, papa j'ai un truc à te dire.

"Quand on aime, ça rigole pas!"

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 14:08


- Moi : Et alors Ulysse, Marie ? Il est entré ou non dans le récit ? C'est moi qui demande à ma grande fille. Comme si ça devenait la chose la plus importante du monde. Elle est au début de l'acte II de La guerre de Troie n'aura pas lieu. Elle lit, moi je cuisine et Ulysse tarde. On avait lu les 3 premières scènes de l'acte I à voix haute dans la cuisine. Et là je suis perdu.  

- Ma fille : Ben non, toujours pas, là c'est elle qui parle. Il est pourtant le pote de Ménélas, Mais si papa le grec qui s'est fait piquer sa femme par Paris 

- Moi en mon for intérieur "quel dégonflé ce Ulysse!" et à voix haute maintenant : Ah oui ! le frère de qui déjà ?"

- Elle : ben d'Hector voyons. Tu sais on lui avait promis la plus belle fille du monde s'il faisait gagner le concours de beauté à Aphrodyte. 

- Moi : Et ?

- Elle : Ben elle a gagné et il a enlevé Hélène. Paris le troyen a enlevé Hélène la grecque. 

- Moi : Ah ! (j'ai plein de vocabulaires comme ça que je m'empresse d'employer à bon escient ; ah, euhhh, et bien, ben)

- Elle : Ben tu trouves pas que c'est abusé ? Ca se fait trop pas d'enlever la femme d'un autre, si ??

- Moi (croyant bien dire) : Ben oui, ma chérie. T'as raison, c'étaient vraiment des salauds ces grecs. 

- Elle : C'était pas un grec papa mais un troyen.
  
- Moi : Ah bon, un troyen !

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 22:40
"l'histoire de Nina ce soir,
 
Tu connais l'histoire de la girafe qui a pris une baffe par un crocodile ?
 
"Ben non" répond Nina intriguée par ce titre qui ne ressemble pas trop à ce qu'elle attend de moi, plus habituée "à l'ascenseur trop petit des poissons", "à la vague amoureuse" ou à "madame pou", bien entendu.
 
Alors, il était une fois une girafe incroyable, plutôt chipie, qui passait son temps à, à, à, à...
 
Atchoum fait Nina
 
Mais non chérie, la girafe, elle passait son temps à renifler le derrière de tous les animaux et insectes de la savane.
 
Oh ! A renifler le derrière ? m'obligeant presque à répéter
 
Un jour elle renifla le derrière d'un lion qui se prélassait, lui ne s'y attendait pas, trop abandonné à bailler et à chasser les mouches avec sa queue, le lion, auprès duquel jamais personne n'aurait osé un tel geste, lui dit "eh ça va pas, non", et s'échappa bien vite, stupéfait de la hardiesse de la belle élégante. Sans oublier auparavant de lui jeter un regard très courroucé.
Un autre jour, toujours très curieuse, elle se mit dans l'idée de renifler le derrière d'une fourmi, elle mit ses lunettes parce que c'est tout petit une fourmi et son derrière encore plus. Elle écarta les pattes avant pour s'approcher du sol au plus près. 
Elle en trouva une qui poussait une crotte de hanneton pour la ramener à la fourmilière, une crotte sèche au moins 30 fois plus grosse qu'elle et 20 fois plus lourde. Sèche avec un accent grave.
 
Un accent grave ?
 
Oui certaines lettres pour faire certains sons ont des accents, c'est comme des chapeaux, mais moi je ne suis pas le spécialiste des accents, faudra plutôt que tu vois cela avec ta maman ou ta maîtresse.  
 
Pourquoi tu dis que tu n'es pas spécialiste ?
 
Bon on la reprend l'histoire ?
 
Elle s'approcha, je te parle de la girafe, et arrivée à 1 mm, les yeux plissés pour mieux voir et l'odorat en éveil, elle sentit soudain le souffle léger du pet de la fourmi, la fourmi, pas du tout décidée à se laisser renifler le derrière, lui avait infligé un pet  dans le pif. Et toc, et pfff plutôt. C'est un son qui ne s'entend qu'avec un microscope de sons.
...
...
Et ainsi de suite
...
...
Jusqu'au crocodile qui se retourne et gifle la malotrue.
 
Mais la girafe papa, elle peut pas renifler le derrière du crocodile dans l'eau, si ?
 
Ah non bien sûr mais là c'est pas dans l'eau, le crocodile, il était sur le bord, sur la berge quoi, il guettait une proie. 
 
Et alors ?
 
Alors ! La girafe vexée s'en retourna vivre une vie de girafe et abandonna à tout jamais tout projet de renifler le derrière des autres. Parce que ça ne se fait pas.
 
Alors qu'en penses-tu de cette girafe, Nina ?
 
Ben moi, si j'avais été le crocodile, je lui aurais fait pipi dessus à la girafe
 
Ah bon ?
 
Ben oui parce que j'ai très envie de faire pipi papa
 
En vrai ?
 
Oui en vrai.
 
Bon ben t'as qu'à y aller chérie. Et après au lit."
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