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blog de lanuitparle

Un truc où j'écris

 

vous êtes ... à avoir visité

3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 23:14

que je n'ai vu que 5 ou 6 fois, dont le fils est l'ami de ma fille, dont la femme est l'amie de la mienne, qui m'avait accueilli dès le premier jour, chez lui, j'avais bien aimé l'endroit, grande pièce à vivre en bas, un joli jardin à mimosas derrière la baie vitrée, ce mimosas m'avait impressionné une nuit noire plus tard, parce qu'éclairé depuis le salon,

notre première rencontre s'était faite en février, en pleine floraison des mimosas, M. tenait à tout prix à me présenter ces amis-là, c'était un bon choix mon amour, 

cet homme m'avait accueilli à bras ouverts, vraiment à bras ouverts, son corps disait, parce qu'il avait les bras grand ouverts "viens dans mes bras, t'es mon frère de tatami, et si j'ouvre en grand mes bras comme ça, c'est parce qu'on se serait pris ainsi sur un tatami, sans chichi".

Il s'était réjoui du vécu que j'avais en judo, comme si j'avais été champion du monde. Il considérait le judo comme une chose importante au bout de laquelle il n'était pas allée. Pour lui, ce bout, c'était la ceinture noire. Comme si me côtoyer lui apportait un petit truc en plus ou plutôt comme si savoir ces heures que j'avais passées sur les tatamis lui apportaient du baume. Un peu de procuration. "Putain, ça devait être bien, hein, ton voyage sur les tatamis" semblait-il dire.

"Oui, c'était bien, c'étaient des heures passées à combattre à l'entraînement, au point que la ceinture en était toute mouillée, c'est ma mère qui avait remarqué cela,

cette mouillure,

des heures à chercher des solutions pour faire tomber un mec, souvent un ami, parce qu'on se connaissait par coeur et que la surprise venait rarement de l'entraînement. Alors quand on réussissait à le faire tomber, ça embellissait la soirée, qui était déjà bien embellie par le volume de travail fourni et par le plaisir d'éprouver le bon fonctionnement de cette mécanique.

Des années où le corps est une mécanique.

Lui parler me réjouissait aussi parce que je retournais fouler les tatamis, et que cette partie de ma vie, je l'ai adorée, et qui me revient de plein fouet en ce moment, celle du judo, des amis du judo et de la compétition. 

 Alors que lui n'a pratiqué qu'un peu mais a beaucoup aimé. Qui m'avait dit un truc du genre "toi je suis content que tu sois là, parce que je sens que t'es un type bien alors que l'autre je le le trouvais bizarre", faisant allusion à la relation précédente de M.

 

D'emblée, j'ai aimé cet homme avec une certaine déférence. A penser à lui, je me rends compte que G est un vrai judoka. Oui, il y a les vrais et les faux. Ce qui les distingue, c'est l'attitude face aux combats. Ceux qui y vont quand faut y aller et ceux qui n'y vont pas quand faut y aller. Je repense à cette phrase de notre entraîneur qui disait un truc genre "y'a ceux qui tombent et ceux qui font tomber". C'était faux, on ne juge pas un judoka à cela. On le juge juste au fait d'y aller. Y' a ceux qui vont en compétition et ceux qui n'y arrivent pas. Le reste n'a pas d'importance.

 

J'ai été épaté par son aisance à parler allemand et la façon dont il découvre les pays traversés, ce qu'il sait au sujet des vins aussi, son métier, sa passion. Comment exercer ce métier quand sa propre dépendance à l'alcool nécessiterait l'abstinence et que son travail à lui, c'est de donner aux autres l'envie d'acheter, de consommer, de vendre ses vins ? Quelle quadrature, G ! Alors quelle reconversion espérer. Je sais que ces questions qui semblent insolubles sont celles qui offrent les plus belles réponses. Comme s'il était nécessaire de bien se poser les questions, juste bien  se poser ces questions.

 

Je l'impressionnais et il m'impressionnait. Son métier le ramenait de Chine la dernière fois que je l'ai vu. Il en parlait avec une touche délicate, hors des clichés, de la même veine que l'assiette anglaise, cette émission de Bernard Rapp,

comme on s'essuie la bouche chez des gens qu'on ne connaît pas encore, qui nous ont été présentés récemment. Avec un coin de serviette. On tapote pas mais c'est tout comme.

 

J'avais aimé qu'il s'intéresse au pays de cette manière, il en parlait comme l'aurait fait un livre. Un type très grand, très fort, avec une vraie voix de mec, sans doute un type difficile à faire tomber. Une voix qui sort d'une forte poitrine, on s'attend à du tonnerre, mais le souffle est court alors ça sort par petites sacades. Lourd, bien ancré sur ses appuis. Un type contre lequel on s'épuise. Auquel il ne faut surtout pas se coller, de peur de se faire embarquer dans une technique primaire mais efficace, un type autour duquel il faut tourner. Un truc à la con qui fait tomber. Mettre les mains, mais pas se coller.

 

Puis on ne l'a plus vu pendant quelques mois, quelques mois où ça souffrait dur chez lui, comme on dirait "les temps sont durs". On croirait être le seul à en chier et ce ne sont pourtant que de petits bobos parce que l'essentiel est là; l'amour, les enfants, le travail, le toît. On en oublierait presque que c'est là l'essentiel.

Cela souffrait dur, on l'a su tout à l'heure en croisant sa femme dans un commerce qui balance tout de go que c'est l'enfer à la maison, un véritable enfer. Que G. a recommencé à boire après sa sortie d'hôpital. Que ça a tenu un peu mais que très vite, il a replongé, qu'il est profondément déprimé. S'ensuivent des trucs durs, de quotidien infernal.

 

J'écoute A. me raconter cet enfer et en souffrir à le faire. Elle fait la grimace quand elle en parle et elle souffle. Son corps dit combien c'est dur, l'expression du visage et le souffle.

Evidemment, son propos me transporte auprès de G. Se pose encore la question du que faire. Viennent 2 types de réponses, celles bien éprouvées du professionnel qui parlerait de soins à mettre en oeuvre, qui dirait qu'il faut se protéger, ne pas s'identifier à lui, et ne surtout pas projeter un parcours d'aide qui ne serait pas le sien.

Et puis un truc plus spirituel, qu'est ce que ce mot m'est difficile à dire. Tant j'ai peur de paraître gnangnan. Plutôt une seconde voie dans laquelle j'oserais dire qu'il faut aimer G, comme Guibert nous y encourageait, losrqu'il parlait des corps décharnés des sujets atteints du sida.

Aimer G. D'abord l'aimer. L'aimer avant tout, d'abord l'aimer avant que lui-même ne puisse le faire, réapprenne à être indulgent avec lui même. Et puis on verra. C'est alors qu'il pourrait cheminer. Aimer n'est pas porter. Je ne pense pas, c'est dire à l'autre "je t'aime comme tu es, y'a de quoi aimer chez toi, t'es beau." Alors l'autre se déplace.

C'est comme un socle, je suis aimé alors je peux y aller. Un carburant.

Peut-être que l'aide s'arrête là d'ailleurs parce qu'après ça empiète. Je dis cela mais je ne vais jamais trop loin, quelque chose se met en alerte pour me signifier que là je déborde. Ou que je déboderais si je poursuivais.

 

La dernière fois que j'ai vu G, c'était à l'occasion d'une fête qui durait 2 jours où l'alcool était disponible, à profusion sur les tables, il a passé les 2 jours, un verre d'eau à la main, sans boire aucune goutte d'alcool.

Bravo mec.   

 

 

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 07:17

     On n'avait plus de nouvelles d'A, on savait qu'il était reparti au Sénégal et que sa famille était restée en France. On s'était dit ça entre collègues. Et puis on ajoutait un mot sympa sur lui, parce qu'on l'aime bien.

Cela faisait plusieurs années qu'il était parti. Peut-être certains d'entre nous ont-ils dit que cela devait être dur pour sa famille, femme et enfants. Et on avait cessé d'en parler.

Il contait, c'est lui qui m'a parlé des griots pour la première fois, un type affable, solide physiquement, un excellent conteur aux contes sages et simples, plutôt du conte traditionnel. On se demande souvent ce qui se passe dans les contes africains, c'est parce qu'ils content de la sagesse alors que nos contes traditionnels sont des contes de cap et d'épée. Il s'y passe toujours plein de trucs.  

     Cessé d'en parler jusqu'à hier. A était là et demndait à me voir, plaisir de le revoir. On est allé au comptoir. Et il a raconté. Parti pour 15 jours au Sénégal il y a 2 ans et revenu ces jours-ci. Pas des vacances, de la souffrance.  

 

Les premiers mois passés à Dakar, à attendre aux douanes qu'on lui livre le container qu'il avait acheminé, un container d'objets d'occasions que ses compatriotes envoyait aux familles et qu'il convoyait.

Et que la douane a gardé et plus elle le gardait, plus les taxes portuaires s'élevaient, jusqu'à atteindre des sommes folles, ça a duré plus longtemps que la période de validité de mon billet d'avion. C'est lui qui parle. J'ai perdu le billet et dû payer les taxes douanières. J'étais attendu, on m' a reproché l'émission que j'anime sur l'une des radios libres de Bordeaux où je donnais la parole à mes compatriotes qui ont des choses à exprimer.

     Aucune colère dans son propos, même quand il raconte avoir été retrouvé par un cousin, animé dans une chambre d'hôtel, après un malaise lié à l'hypertension. Inconscient plus d'un journée.

Tout ça, livré en quelques minutes. La faim, la maladie, l'éloignement d'avec la famille, la misère, l'inquiétude, le fric perdu.

     Bien sûr, je ne sais pas quoi faire de tout ça, qu'est ce qui est vrai, faux, tout ou partie ? Qu'importe, c'est l'histoire d'un homme qui doit retrouver sa famille "bien malmenée" par la rumeur.    

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 16:56

Ma machine à laver le linge est cassée depuis le week-end dernier.
Se sont cassées à l’intérieur du tambour des baguettes en plastique dont la fonction est d’entraîner le linge. Y’en a 3.

Qu’à cela ne tienne, je file en voiture à Carrefour samedi dernier, avec mes 3 filles, au service après-vente que je n’avais pas réussi à joindre par téléphone. Il est midi 20 quand j’arrive.

Bonjour Monsieur, je recherche cette pièce qui est cassée dans … (bref j’explique le problème)
Le type me regarde, soupèse la pièce en expert et me dit « ça monsieur, ça va pas être facile ». . ça dure bien 3 minutes. Je pense alors que l’homme doit être un orfèvre que Carrefour a débauché d’une grande joaillerie de la place Vendôme tant le monsieur prend soin de bien faire son travail. Sûr, j’ai trouvé la bonne personne.

Il me demande la référence de la machine, je la lui donne. Il tape un truc sur le clavier, retourne l’écran vers moi et d’un air réjoui (j’ai cru qu’il venait de gagner au Bingo).

Donc d’un air réjoui me dit : « Rupture de stock »
Putain merde, ça c’est moi et c’est en mon for intérieur.
Vous voyez, continue-t-il, c’est écrit là.
Et ? dis-je.
Ben, ça veut dire monsieur que c’est fichu, que là, y’a rien à faire. Kaput, la machine est kaput. Au moins le mec est bilingue. Carrefour recrute des joailliers bilingues.
Je ne me démonte pas. La pièce doit coûter 2 euros, je lui demande de vérifier la date d’achat de la machine qui doit encore être sous garantie. Il vérifie et exalte. Ce type est un expressif. Enfin une bonne nouvelle pensé-je, toujours en for intérieur.
« Ah, non, merde c’est fichu, elle est plus sous garantie depuis 3 mois, ah non 2 mois. »

Très calme, je résume à voix haute la situation : « Donc Monsieur, j’ai acheté chez vous, il y a 2 ans et 2 mois, une machine à laver garantie 2 ans, je casse dans des conditions normales d’utilisation, les petites parties en plastique, et vous me dites que je n’ai pas de solution. Alors Monsieur, insisté-je, je vous demande de trouver une solution.
Il réfléchit, ça dure un bon moment, je suis sincèrement convaincu que ce type mobilise toutes ses ressources pour me dépanner et finit par pondre « y’en a qu’une ».
Ah, vous voyez lui dis je.
Faites venir chez vous un technicien
Et ça coûte ?
ça coûte 75 euros !
Et il a cette petite pièce dans sa besace ce technicien ?
Ben non, elle est en rupture de stock.

J’ai rangé la pièce dans mon sac, regretté de ne pas avoir eu de chien pour lui lâcher dessus. Ma colère est retombée, le type a sans doute fait tout ce qu’il pouvait.
Et je me pose une autre question aujourd’hui : Carrefour fabrique-t-il des pièces dont la durée de vie n’excède pas celle de la garantie ?

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 14:02

C’est en mars 1991, à la fac de lettres de Nancy II, un après-midi, plutôt vers le soir. 18 heures. J’arrive devant le bureau de M. Borelli, c’est le président de la fac de lettres, c’est aussi lui mon maître de recherche, je suis en maîtrise de lettres modernes et travaille sur Hervé Guibert, un truc qui s’appelle genre « des mots aux maux dans l’œuvre d’Hervé Guibert ». J’y suis en particulier la façon dont le sida est entré dans ses textes bien avant A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie. Cette recherche me passionne, je travaille et j’échange beaucoup avec Béatrice et Françoise Labridy que j’avais comme prof également, mais dans une autre fac, en STAPS.

Devant le bureau, il y a un banc, c’est là que Borelli vient nous chercher lorsque c’est notre tour. Comme chez le médecin, sauf que là on sait après qui l’on est, grâce à ce banc. Il est contre le mur à la droite de la porte du bureau et le prochain à passer glisse au bout du banc. Je m’assieds, reprends mes notes pour préparer l’entretien. C’est elle qui engage la conversation, nous parlons littérature, elle travaille sur un poète que je ne connais pas, appartenant à un mouvement littéraire inconnu lui aussi, et pourtant le poète est français. La femme est triste, pas une ébauche de sourire, pas un moment de paix, elle est à l'intérieur, ne me regarde pas. On parle doucement comme dans une église, sauf que c’est plus triste. C'est sombre en plus. 

Elle me dit n’avoir pas grand-chose à montrer à M. Borelli, que c’est une reprise de contact, elle a été absente plusieurs mois. Elle a un accent d’Amérique du Sud, Chili Peut-être. Pas sûr, bien qu’elle me l’ait dit. Je reprends, « vous êtes rentrée au Chili ? ».

Oui, j’ai perdu mon père, je suis rentrée pour l’enterrer.

Je pense à tout ce que cela représente, à la difficulté d’accompagner son père mourant depuis la France, à l’impossibilité de travailler sa thèse, elle était en thèse. Aux choses que l’on a devant soi lorsque l’on a perdu son père.

Je regarde le sol, parce que tout s’est teinté de tristesse. Je suis avec elle au Chili.

Ça dure longtemps ce silence, 10 minutes peut-être. La porte s’ouvre, elle se lève, Borelli lui tend la main, elle me regarde, dit : « mon enfant aussi, je l’ai perdu ».
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 16:07
qui part pour le Chili. Qui se mêle à notre conversation. Je me suis trouvé assis dans un carré, avec 3 personnes. Un homme et une femme d'une soixantaine d'années et leur grand fils. Ils partent en Turquie pour quelques jours, se sont dotés de la méthode Assimil pour apprendre le turc, plus que 3 heures pour savoir le parler. Ils prennent l'avion à Roissy, moi à Orly. 
On discute fort, parce qu'on a plein de choses à dire, ils m'expliquent ce que je dois à tout prix aller voir au Maroc (ils sont marocains), vivent tous les 3 en France. Alors je note et on rit, ils sont drôles, enjoués, en paix.
Nous parlons beaucoup en apparté avec le fils. Ingénieur commercial, il fait une pause d'un an pour vivre de la musique.
Assise à côté de nous, en vis à vis dans l'autre carré, une feme, une chinoise, venue en France pour y faire des études de management international, elle se tend vers nous, se tord presque pour nous écouter, nous sourit dès qu'on la regarde. Alors on l'inclue comme un "prenez place madame". Et vous madame, elle raconte.
Face à elles 2 femmes, des réunionnaises qui parlent entre elles en se tenant par le bras.
On parle fort donc et un homme s'approche. "Je me suis trompé de wagon, pas à ma place, mais lorsque je vous ai entendu discuter du Maroc, avec un tel entrain, j'ai pensé que j'étais plus à ma place ici avec vous".
Alors on est 6 à parler bientôt.
Il part pour 1 an au Chili. Prend l'avion lundi (on est le jeudi qui précède), remontera le Chili à pieds. 6000 kms. Restera 1 an, 1 an et demi peut-être. "Ca dépend, je verrai bien". Je le rejoins plus tard entre les 2 wagons. Apprends qu'il a fait le Liban et d'autres pays, d'Afrique noire cette fois, dont le Tchad je crois. Un pays dont je n'ai jamais entendu parlé autrement qu'en guerre. Ne sais pas si ce pays existe encore, mais que devient un pays qui n'existe plus.
Je l'imagine en mercenaire. Alors je lui demande.
Je pense à la chanson de Charlélie Couture, le loup dans la bergerie. "Il dit qu'il a fait l'Indo et aussi l'Algérie, alors on l'appelle comme ça, on dit tiens : voilà le légionnaire".
Non, dans l'armée régulière me dit-il.
Va pour l'armée régulière alors. Envie de lui demander s'il a déjà mangé des migales, écrasé des scorpions ou s'il s'est déjà battu avec un lion. Je n'ose pas. Alors on poursuit sur le Chili. Il me dit être dyslexique, me parle de son incapacité à écrire sans faute.  
Parlons ensuite de son site internet. Nous nous séparons sur le quai à Montparnasse, moi vidé par cette conversation et par la perspective de l'épreuve qui l'attend.
   
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 13:46
M lit Dattas

On est en route pour Nancy, la météo nous a retenu 2 jours de plus à Pont l'Abbé. On a fait ce choix là de rentrer à Bordeaux avant de nous rendre à Nancy pour voir les enfants avant qu'elles ne partent à Lyon avec leur maman. C'est là aussi que je les récupérerai. On avait d'abord prévu de nous rendre directement de Paris à Nancy.
La rencontre avec Alexandre, en facilitant la découverte de Bobin, Genet, Dattas, Giacometti m'a poussé à faire une commande de livres sur un site de vente en ligne. Les livres sont arrivés à temps à la maison. On les avec nous. On voyage à 3. M, maman et moi.     
Rarement voyage ne fut aussi agréable. Et rarement la voiture fut aussi pleine de mots d'auteurs. M a lu plusieurs heures à voix haute ce recueil de paroles recueilllies par Dattas, comme au réveil. Elle écrit en préface qu'elle n'a pas touché au contenu des ces paroles, mais est-ce possible ? J'en retiens l'iirépressible envie de la lire.
Nous nous amusons aussi beaucoup des correspondances de pensées entre celle de Bobin et celle de M. au sujet de Sartre. Les deux le disent comme dangereux, comme un opposant à la vie. Je découvre à l'occasion de cette journée de littérature combien Bobin est un homme gai, Alexandre avait dit la même chose.  
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 13:34

Giacometti[1]

Alexandre est à l'heure, on est tous à l'heure, on a 2 heures devant nous. On est 4 maintenant attablés dans ce petit café voisin de chez L.
On n'est pas seulement 4, mais je ne le saurai que bien plus tard, quelques jours plus tard, en fait en montant dans la voiture pour Nancy.
Alexandre est venu avec Bobin, Dattas que je rencontre pour la première fois, une immense poétesse dit-il, Giacometti dont je découvre la singularité et dont j'appréciais l'oeuvre, Genet dont je ne connaissais que la réputation et Kerwich un poète gitan. inconnu lui aussi. Commence alors un voyage en littérature. Nous sommes dans les rues de Paris et Alexandre raconte sa rencontre avec Genet alors qu'il jouait lui, après avoir quitté le cirque familial, du Bach dans la rue et dans les églises.
Curieuse coïncidence que ce Bach que je commençais à n'écouter que depuis quelques jours et qui me revient dans ce café, qui reviendra encore quelques jours plus tard à travers le cadeau que B m'offre. J'ai longtemps cru que je serai à vie hermétique à cette musique mais les concerti pour violoncelles ont tout balayé. J'aime Bach. Comment peut-on aimer autant ce que l'on n'a pas supporté entendre pendant des années ?
 

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 12:33

Romanès café
J'ai passé Noël en poésie, c'était impromptu, je raconte, on est arrivés à Paris le 16 décembre dernier, j'avais très envie de profiter de ce court séjour (nous y passions 3 jours) pour y rendre visite à Romanès, lui présenter M. C'était sans doute de l'ordre de la bénédiction. 
Je l'avais rencontré à Bègles où il était venu se produire à 2 reprises, deux années de suite. Romanès, c'est le patron du cirque tsigane du même nom. On apprend très vite en l'écoutant que c'est un nom d'emprunt, choisi après avoir fui le cirque familial. La rencontre à Bègles avait été insolite, je lui avais acheté des places pour le centre social pour lequel je travaille. Et j'avais besoin de régler certains points, j'étais allé sur le site un après-midi gadouilleux, je me tenais à l'écart du cercle que composent les caravanes et le chapiteau. Au milieu, un homme seul qui ramasse les papiers laissés la veille sans doute par les spectateurs, il m'invite à pénétrer dans le cercle, je le fais, vais lui serrer la main. Me présente. 
Tout de suite, il m'invite à aller parler de tout cela dans sa voiture, "parce qu'il fait froid", nous entrons dans la voiture. Y traîne l'un de ses livres, publié chez Gallimard. Très vite nous en parlons, l'homme m'explique que l'écriture n'est pas de tradition gitane, qu'il a commencé à écrire, encouragé par Bobin, ou Genet. Me dit encore qu'il écrit phonétiquement.
Je suis resté 2 heures dans cette voiture à entendre parler d'écriture. Je n'avais pas vu le spectacle alors, j'y suis allé avec les enfants. Et tous avont été entraînés dans l'énergie qu'il produit. Bref, j'ai aimé l'homme de lettres avant celui de cirque. Et celui de cirque était conforme. Le spectacle est magnifique, les spectateurs finissent debout à taper des mains et tout le monde sourit. Et l'on veut que ça dure.
C'est lui que je souhaitais rencontrer à Paris. On se donne rendez-vous au cirque à 19h, porte de Champerret. On y arrive sous la neige qui tombe fondue. Froid glagla comme aurait dit Charlotte enfant. Surtout que je m'étais trompé de station et que je ne pouvais maudire que moi-même. Marché longtemps dans le froid.  
Un braséro au milieu de cercles de caravanes, le même cercle, et 2 enfants qui se lancent des boules de neige. Le tout est comme ralenti, feutré, c'est l'hiver, un vrai hiver, on est emmitouflés jusqu'au nez et on s'amuse de la chance qui nous est offerte de rencontrer Alexandre à nouveau, moi sans doute réjoui du tour que je suis en train de jouer à M. 
Nous restons là au milieu du cercle, plus proches du braséro tout de même, une jeune femme traverse le cercle, je l'arrête, c'est Alexandra Bouglione, sa fille. Elle part chercher son père, il est là 15 secondes après, on sourit tous. On sourit bêtement parce que c'est juste un délicieux moment, un moment à nous. Qu'importe ce qui se passera ensuite ! Aucune projection, juste se laisser vivre. Je fais les présentations, Alexandre propose que nous allions très vite dîner, ne sait si Délia viendra. Peut-être elle verra, c'est lui qui dit. Nous on est muets. On goûte à tout et c'est bon. Je lui demande, de peur d'oublier, si l'on peut jeter un oeil sous le chapiteau. Parce que ces lieux exercent une fascination sur moi, j'avais eu la même fascination à Tonnay Charente, pour le cirque du gamin, où j'avais emmené les filles juste avant que papa ne parte.  
Il entrouvre le pan de toile épaisse, on est dans l'entrée des artistes. Une dizaine de personnes répètent un concerto. Une femme se tient debout, elle, elle lit ou dit. "C'est Fanny Ardan mais venez on va manger". 
Alors on va manger. Délia nous rejoint bien avec Sylvia et L aussi, la fille de M. Le vin est bon, c'est une petite pizzéria.  
Giacometti, Dattas, Bobin, Genet sont là dans l'ombre. C'est plutôt le Maroc qui nous fait parler. Nous y vivons et Alexandre y prépare une tournée pour les 100 ans de l'anniversaire de Jean Genet. On parle, parle, parle, parfois très fort. Débat très animé sur la télévision. Sylvia soutient que l'on peut en faire un usage raisonné, M. que cela détruit tout. 

Le tout est délicieux. Alexandre nous raccompagne à la porte de l'appartement. 

Nous nous verrons le lendemain avant le train et Bordeaux. Il nous rejoint pour le petit déjeuner. Dormons chez L.   
        
  

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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 12:38




La rencontre avec le mime Marceau commence par un mime, mais pas par le mime lui-même. Je me suis intéressé trop tard à l'art pour avoir pu le voir sur scène. C'est L. qui me montre son premier mime, elle l'a eu comme prof. C'est sur la musique des canons de Pachebel. J'ai eu la chance de découvrir Marceau et Pachebel en même temps. La rencontre avec Pavarotti, c'est Jaad qui me l'a proposée en me faisant écouter Nessum Dorma. J'aime pas trop Nessum Dorma. J'ai été beaucoup plus sensible à la complicité découverte par hasard entre Pavarotti et l'un des chefs d'orchestre. Ni l'un, ni l'autre n'arrivent à quitter la salle de spectacle, tant les applaudissements sont chaleureux (je retrouverai la vidéo). 
J'éprouve pour Marceau et Pavarotti la même reconnaissance liée à ce qu'ils ont pu apporter. Combien de plaisirs, d'émotion et de vocation ont ils pu suciter ? Des milliers, et Pavarotti plus que Marceau bien sûr, mais Marceau a défriché, ouvert une expression très peu connue.    

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